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Parent solo en mode métro/boulot/dodo :  7 conseils pour (sur)vivre

En France, près d’un quart des familles sont dites “monoparentales”, dont une proportion écrasante de mères qui subissent alors la double peine, déjà freinées dans leur carrière par la pénalité maternelle. Fondatrice et dirigeante de la société MTH coaching, Clara Levi-Leparquier nous livre ses conseils pour adoucir un quotidien souvent difficile, ne laissant que peu de place au répit.


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Conseil n°1 : se laisser le temps d’aller mieux

Qu’il s’agisse d’un deuil, d’une séparation, ou de l’arrivée d’un enfant sans la présence d’un co-parent, il est toujours difficile de se retrouver seul.e face à la somme de responsabilités qu’implique l’éducation d’un enfant. “C’est un vrai tsunami, toutes les sphères de la vie s’en trouvent chamboulées, c’est extrêmement perturbant d’un point de vue identitaire et organisationnel”, rappelle Clara Levi-Leparquier, fondatrice et dirigeante de la société MTH coaching.

Son conseil ? Accepter que se réparer va prendre du temps. Et on ne parle pas en jours et semaines, mais en mois, voire années. “C’est un conseil qui peut sembler agaçant, mais il est très vrai. Dans cette situation, on ne peut qu’affronter la houle au quotidien et tenter de faire de son mieux pour voguer en eaux troubles”, poursuit-elle.

Conseil n°2 : adopter la stratégie des petits pas

Quand on vit une telle épreuve, le plus difficile selon Clara Levi-Leparquier est d’apprendre à gérer l’incertitude, s'accommoder de l’imprévu. “Tout ce qu’on avait imaginé s’effondre, et il devient très difficile de se projeter à moyen et long terme. D’un coup, on développe un tout autre rapport au temps”, analyse-t-elle.

Alors, la meilleure parade reste d’adopter la stratégie des petits pas, se fixer des objectifs quotidiens qui apporteront une forme de satisfaction, plutôt que de se décourager face à la somme des tâches à réaliser. “C’est important d’être indulgent envers soi-même et de se réjouir de toutes les petites tâches accomplies”, observe l’experte.

Conseil n°3 : savoir accepter et demander de l’aide

Comme dans toute épreuve de la vie, il est important de ne pas s’isoler et s’entourer au maximum. Mais apprendre à accepter de l’aide, qu’elle soit humaine ou même financière, n'est pas toujours facile. Il peut s’agir du soutien d’un proche, de l’entreprise, ou encore de celui de professionnels.

Psychothérapeutes, coachs, avocats… ces pros de l’accompagnement vont pouvoir rassurer et expliquer les différentes étapes à suivre. “Une grande partie de nos peurs sont irrationnelles. Les professionnels vont justement aider à mettre de la distance avec ces sujets. **C’est aussi une façon de se délester d’une part de sa charge mentale pour consacrer de l’énergie à d’autres problématiques”,** recommande Clara Levi-Leparquier.

Et bien sûr, quand cela est nécessaire, ne pas hésiter à aller voir son médecin traitant. Certaines situations peuvent nécessiter un arrêt temporaire de travail pour reprendre des forces.

Conseil n°4 : identifier ce qui ressource

La vie d’un parent solo ressemble souvent à un rouleau compresseur où les loisirs et les temps pour soi se réduisent comme peau de chagrin. “La vie d’un parent seul a tendance à ne tourner qu’autour des enfants, avec beaucoup moins de temps consacré aux amitiés, aux activités. Les familles monoparentales sont avant tout centrées sur la “gestion” du quotidien”, constate la coach.

Pour autant, il est nécessaire de ne pas s’oublier soi si l’on veut continuer à aider les autres. C’est la fameuse image du masque à oxygène dans l’avion ! A minima, s’aérer 30 minutes à 1H par jour pour marcher. Au mieux : “identifier ce qui nous ressource dans la vie, et bloquer quelques moments dans la semaine pour s’offrir ces temps indispensables pour se ressourcer”, recommande l’experte.

Conseil n°5 : se tourner vers son entreprise

Tout comme les aidants n’aiment pas vraiment s’étendre sur leur vie privée au travail, les familles monoparentales ont tendance à rester discrètes quant à leurs difficultés, par peur d’être discriminées et ralenties dans leur carrière.

Pourtant, se retrouver seul.e du jour au lendemain (ou presque), a forcément un impact sur la vie au travail : ne plus pouvoir arriver très tôt au bureau ou repartir tard, être moins présent aux événements de type afterwork, avoir moins de disponibilité mentale pour les collègues, voire enregistrer une baisse de ses performances… “Je pense de mon côté qu’il est nécessaire d’en parler à son RH ou manager (voire à ses équipes), afin d’expliquer que l’on traverse une période compliquée”, conseille l’experte.

Des aménagements pourront alors être proposés comme plus de flexibilité dans les horaires ou une revue de la charge de travail avec les autres membres de l’équipe. Certaines entreprises proposent aussi des services d’écoute à l’externe, ou encore un soutien financier comme l’avance ou acompte sur salaire, l’aide au financement des modes de garde, la mise en relation avec des institutions comme le Crédit logement, voire des aides financières proposées par le CSE.

Conseil n°6 : faire attention à l’hyperconnexion

C’est sans doute le plus difficile lorsque l’on cesse de partager son quotidien avec une personne, ou tout simplement qu’on accueille un nouvel arrivant dans la famille : se créer de nouveaux rituels. Pourtant, ces derniers sont essentiels pour que chacun se sente en sécurité, en même temps qu’ils permettent de se décharger de l’aspect organisationnel. Une bonne routine, c’est donc essentiel !

Dans cette routine, il faut cependant faire attention à l’hyperconnexion qui menace encore plus les parents solos. Parce qu’ils sont souvent seuls pour aller déposer et récupérer les enfants, ils se retrouvent à travailler tôt le matin ou tard le soir pour rattraper leur travail. Dans l’idéal, il convient de trouver des solutions à long terme pour ne pas se retrouver à jongler entre tous les pans de sa vie jusqu’à l’épuisement”, recommande notre interlocutrice.

Conseil n°7 : travailler sur l’estime de soi

Parce que l’on se retrouve dans une situation précaire, qu’on a peut-être été quitté, ou que l’on a quitté l’autre avec la culpabilité que cela génère, l’estime de soi est nécessairement ébranlée. “C’est un point à ne pas négliger. C’est important de se rappeler des petites et grandes victoires de la vie passée, et de la nouvelle”, conseille l’experte.

Et d’ajouter : “Avec le temps, on se retourne et on peut se féliciter de tout ce que l’on a accompli, de toutes les compétences, forces et qualités que l’on a développées”. Une estime de soi qui va de pair avec une forme d’acceptation que l’on ne peut pas être sur tous les fronts. Les parents solos ont effectivement tendance à vouloir surprotéger leurs enfants, faire au mieux du mieux, pour réparer une situation compliquée.

Pour conclure, je crois qu’il est important d’essayer de lâcher prise sur ce que l’on ne peut pas changer, pour mettre de l'énergie sur ce qui dépend de nous”. Une forme de résilience à cultiver dans tous les pans de notre vie !

Paulina Jonquères d’Oriola

Journaliste

Journaliste et experte Future of work (ça claque non ?), je mitonne des articles pour la crème de la crème des médias […]

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