Animaux au bureau : pour ou contre ?

“Durant mes jeunes années, j’aurais adoré venir avec mon chien au bureau, mais autrefois, c’était inenvisageable”, pointe Frédérique Jeske, heureuse propriétaire de Sam, 3 ans, et accessoirement Présidente d’Uskoa et Senior4good. Désormais à la tête de sa propre structure, elle embarque son compagnon à quatre pattes au bureau. “C’est un peu la mascotte de l’équipe”, plaisante-t-elle.
Sa seule limite ? “Je ne l’emmène pas chez mes clients”, nous explique-t-elle, ce qui n’empêche pas l’animal de faire des interruptions sonores remarquées lors de conférences en visio. “Mais 9 fois sur 10, les clients me demandent de le montrer à la caméra, ce qui contribue à créer une forme de lien”, poursuit Frédérique.
Une pratique de plus en plus répandue
Apporter de la chaleur et de la convivialité, mais aussi baisser le niveau de stress des employés, voilà qui est souvent à l’origine des choix portés par les entreprises pet-friendly. De plus, les chiens, en particulier, peuvent aider à rythmer la journée et encourager à faire des pauses. Frédérique Jeske nous partage ainsi son expérience personnelle : “Mon chien vient me voir à 11h30 pour me rappeler qu’il doit sortir. Idem à 17h. Ça m’oblige à me lever, à prendre l’air, c’est un vrai atout contre la sédentarité !”.
Chez Rover, entreprise spécialiste de la garde d’animaux, les chiens sont les bienvenus dans leurs bureaux de Barcelone et Seattle. Pour Jovana Teodorovic, vice-présidente des ressources humaines et de la culture, c’est un véritable atout : “Chez Rover, nous pensons qu’un environnement de travail ouvert aux animaux de compagnie est un excellent levier pour améliorer le bien-être, le moral et la productivité des employés. (…) Ils jouent un rôle essentiel dans l’attractivité et la rétention des talents”.
À l’image de Rover, de nombreuses entreprises travaillant dans l’univers des animaux proposent depuis plusieurs années cet avantage salarié. Par exemple, chez Nestlé Purina Petcare, les employés peuvent venir avec leur chien dans ce paradis canin qui compte même une salle de jeux pour permettre aux petits athlètes de se dépenser. Dans un monde où les animaux prennent de plus en plus d’importance à mesure que le taux de natalité recule, on peut imaginer que ce type d’avantage prenne de l’importance. “Certains refuseraient un poste si les animaux ne sont pas acceptés. C’est fou, on n’aurait jamais imaginé ça avant !”, remarque Laurent Girard-Claudon, Directeur Général d’Approach People Recruitment.
“Je pourrais emmener mon chien, mais je ne le fais pas”
Malgré tous les bienfaits des animaux au bureau, le concept ne séduit pas tout le monde, y compris les propriétaires concernés. Employée au sein d’une start-up qui offre cet avantage, Charlotte n'emmène jamais son chien au bureau. “Il a accès au jardin chez moi et peut bouger librement. C’est vrai que si je l’emmenais au bureau, il ne serait jamais seul mais comme je suis la moitié du temps en télétravail, je trouve cela bien comme ça. De la même façon que je ne me verrais pas mettre une photo de mes enfants sur mon bureau, je préfère garder mon cocon, dont mon chien fait partie, à la maison”, nous explique-t-elle.
De plus, la jeune femme craint également les problématiques pouvant survenir autour de l’hygiène, du bruit ou encore de la sécurité: “Il y a le risque qu’il fasse ses besoins au bureau, c’est hyper embarrassant ! Sans parler des odeurs… Et puis, un chien peut s’enfuir. Moi, je suis ultra-concentrée quand je suis en call. Si je dois l’attacher, ce n’est pas cool pour lui non plus”.
De plus, Charlotte se remémore un incident durant lequel un chien s’est montré hostile envers le patron de l’entreprise qui venait s’approcher de lui pour le caresser. Oups !
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“Je retenterais bien l’expérience mais selon certains critères”
D’autres entreprises ont testé la chose avec des animaux plus… originaux. Laurent Girard-Claudon, nous raconte l’expérimentation mise en place chez Approach People Recruitment : “On a eu un hamster au bureau, puis une perruche. Mais dans les faits, ça n’a pas duré. Le hamster s’échappait, et ceux qui avaient une phobie des rongeurs montaient sur les tables ! Quant à la perruche, c’était un vacarme permanent et il y avait des graines partout”.
L’entreprise a aussi accueilli un chien mais certains collaborateurs se sont plaints indirectement de la distraction que cela amenait dans le bureau (va-et-vient permanents pour aller voir le toutou), sans compter que certaines personnes peuvent être allergiques aux poils d’animaux. “Face à cet avantage, il y a eu aussi une forme de jalousie de certains collaborateurs qui n’avaient pas d’animaux”, se souvient-il.
Pour autant, Laurent Girard-Claudon n’est pas fermé à l’idée de recommencer l’expérience. “Dans un monde si anxiogène, les animaux nous apportent du réconfort, de la légèreté. En revanche, je crois qu’il faut faire les choses bien, en respectant certaines règles”, estime-t-il. Un avis partagé par Frédérique Jeske qui nous explique avoir voulu mettre en place le dispositif chez son précédent employeur, mais s’être confrontée à des difficultés juridiques.
3 bons réflexes pour instaurer une politique pet friendly
- S’assurer que le propriétaire des bureaux, si ce n’est pas l’entreprise, accepte les animaux
- Mettre en place une charte de bonnes pratiques pour accueillir les animaux (vaccins à jour, vérification du comportement des animaux, espace dédié..)
- L’employeur a une obligation de sécurité envers ses salariés. S'il autorise les animaux dans les locaux, il doit mettre en place des mesures pour prévenir les incidents. En cas de morsure, la victime pourrait engager la responsabilité de l’entreprise pour faute inexcusable si l’accident était prévisible et que l’employeur n’a pas pris de précautions suffisantes. L’employeur doit donc vérifier si sa responsabilité civile professionnelle couvre les dommages causés par les animaux des employés. Mais aussi exiger que le propriétaire du chien ait une assurance responsabilité civile.
- Recueillir le consentement des autres employés avant d’accepter les animaux dans l’open space (vérifier les allergies notamment)
- Commencer par une journée de test avant de lancer l’initiative à plus grande échelle
L’idée bonus ? Et pourquoi pas une pièce dédiée à l’accueil des animaux dans l’entreprise, avec une personne s’assurant de leurs bons soins ? “Pour ma part, je serais prête à emmener mon chien et à payer un service dédié si je savais que mon toutou était en sécurité avec d’autres congénères”, lance Charlotte. La crèche pour chien, le prochain avantage salarié ? Chiche !



