Ces personnes avec qui il ne faut pas se brouiller au boulot

En entreprise, il y a les personnes avec qui il est de bon ton de faire ami-ami, et celles à ne pas froisser. Ce sont souvent les mêmes, mais pas à tous les coups. Car le pouvoir se trouve parfois dans des recoins insoupçonnés de l’entreprise, et même hors les murs de celle-ci.
Alors, pourquoi est-il si important de soigner ses relations, y compris en dehors de son cercle habituel ? “Il convient de ne pas rester dans l'entre soi en entreprise et de garder en tête la règle du PIE : Performance, Image, Exposition. Oui, vous devez être compétent, mais l'image et le marketing interne sont aussi importants pour réduire les risques d'influence négative”, recommande Laurent Tylski, DG de la société de coaching Acteo.
Des personnalités à ne pas offusquer
Peu importe le poste qu’elles occupent, certaines personnes ont un profil psychologique particulier qui nécessite que l’on soigne nos interactions avec elles. C’est notamment quand elles sont soumises au stress qu'elles révèlent leur vraie personnalité. Bien les connaître peut nous éviter quelques sueurs froides.
Les émotionnels en interaction
Avec eux, c’est l’ascenseur émotionnel garanti ! Ils passent du "je t’adore" au "je te déteste" en un clin d’œil. Soumis à la pression, ils peuvent facilement déraper vers le blame-game ("c’est de ta faute, pas de la mienne"), voire sombrer dans une colère froide. Qui sont-ils ? “Les émotionnels en interaction et réaction”, comme les décrit Laurent Tylski. Typiquement le genre de profil que l’on retrouve dans les équipes créas, et qu’il vaut mieux avoir avec soi que contre soi.
💡 Le bon tips : “Amenez de l’humour pour dédramatiser une situation tendue et misez sur le ludique pour les sortir du blâme et de la colère”, recommande le coach.
Les survivants obsédés par l’action
Tels des Elon Musk en puissance, les “survivants” avancent coûte que coûte. Leur unique obsession ? L’action. “Le problème, c’est qu’en période de stress, ils n’apportent pas de soutien. Pire, on peut facilement se les mettre à dos”, souligne Laurent Tylski. Des personnalités brutes de pomme qui ne font pas dans la nuance : soit vous êtes avec eux, soit vous êtes contre eux. Il s’agit souvent de leaders charismatiques que l’on retrouve aux postes de direction.
💡 Le bon tips : “Répondez à leur besoin d’action en raisonnant de manière très opérationnelle”, recommande le spécialiste. En d’autres termes, employez des phrases courtes et allez droit au but pour mettre cet interlocuteur en mouvement. C’est de cette façon que vous pourrez éventuellement bénéficier de son soutien.
Les personnalités de conviction
Comme Nelson Mandela, elles ne lâchent jamais rien ! Cela aura beau être la tempête autour d’elles, elles voudront toujours avoir raison. En période de stress, ces personnalités vont immédiatement pointer ce qui ne va pas et partir en croisade. “Là où cela peut être épuisant, c’est qu’elles exigent la perfection des autres”, souligne l’expert. On retrouve ces personnalités dans les sociétés de conseil où l’on a un grand besoin d’expertise et de conviction.
💡 Le bon tips : “Ces personnes ont besoin d’être reconnues pour leurs convictions, alors mieux vaut éviter de s’opposer à elles en employant des “oui mai”. Plus vous répondez, plus elles vont sur-argumenter”, constate Laurent Tylski. Donc plutôt que de remettre une pièce dans le juke-box, laissez tomber un combat perdu d’avance.
La rédaction vous conseille
Des métiers stratégiques et des influenceurs cachés
Outre la composante de caractère, certaines personnes se révèlent stratégiques dans l’entreprise en raison de leur fonction. Mais il ne s’agit pas de penser uniquement au sein des murs de la société. L’entreprise est un organisme vivant qui compose aussi avec son environnement. Les partenaires externes peuvent donc jouer un rôle prépondérant !
#1 - L’assistant(e) du DG
On sous-estime souvent leur pouvoir d’aide ou de nuisance. Pourtant, les assistantes (en majorité des femmes) sont d’une grande importance. Elles suivent les patron.nes d’entreprise en entreprise, parfois pendant plusieurs décennies, ce qui noue des liens indéfectibles (pensez à la flamboyante Donna dans la série Suits !).
💡 Le bon tips : Soignez le relationnel avec les assistantes via des petites attentions. Une chouquette par-ci, une plante par-là. “Par exemple, noter un anniversaire ne coûte rien, mais peut vous faire gagner des points”, recommande l’expert.
#2 - Le/la DRH
Le/la DRH détient les clés des ressources et peut débloquer (ou non) des situations délicates. Le/la bypasser est un aller simple pour les ennuis. Par exemple, si l’on souhaite retenir des talents, c’est la personne clef pour obtenir des augmentations ou promotions.
💡 Le bon tips :“Soyez au cœur de la culture d'entreprise en osant être force de propositions pour faire vivre les valeurs. Proposez des idées telles que "ancrer la culture d'entreprise lors des entretiens de recrutement, reprendre les valeurs lors de l'exit interview, inscrire les valeurs dans les entretiens annuels. Sachez être présent auprès du DRH sans être pesant”, conseille le DG d’Acteo.
#3 - Le/la DAF (Directeur Administratif et Financier)
Le nerf de la guerre en entreprise demeure l’argent pour pouvoir investir dans des outils de développement ou dans une équipe. Et cela transite nécessairement à un moment ou un autre par le/la DAF.
💡 Le bon tips : “Le DAF est une personnalité qui est très ancrée dans le factuel et l’organisationnel, et peu dans l’émotionnel. Il s’agit donc de trouver un juste équilibre entre être suffisamment présent pour ne pas se faire oublier, et suffisamment rare pour ne pas importuner”, estime l’expert.
#4 - Les influenceurs mixtes
Qu’il s’agisse de jeunes retraités ou d’anciens collaborateurs partis voguer vers d’autres horizons, ces personnes sont souvent à mi-chemin entre l’interne et l’externe, et peuvent influencer la Direction sans être au bureau. Sans qu’on le sache, il s’agit parfois de mentors dans l’entreprise, sans compter le phénomène des salariés boomerang qui se développe à grande vitesse.
💡 Le bon tips : “Gardez le contact avec ces personnes sur LinkedIn et proposez un déjeuner annuel. Cela permet de garder le lien même s’il est ténu”, recommande Laurent Tylski.
#5 - Les partenaires extérieurs
Qu’il s’agisse des clients à chouchouter ou encore des fournisseurs à ne pas sous-considérer, gare à votre relation avec les partenaires extérieurs. Le DG d’Acteo se souvient du cas d’une grande entreprise des télécoms qui a joué au bras de fer avec ses prestataires… Résultat : les systèmes IT sont devenus défaillants à cause d’une équipe junior moins qualifiée. De la même façon, il faut également veiller à ce que l’on dit et fait en présence d’investisseurs, d’actionnaires ou de journalistes.
💡 Le bon tips : “Soignez votre relation avec vos clients et fournisseurs, et n’oubliez jamais que le off, ça n’existe pas ! De manière générale, il faut bien se dire que n’importe quelle personne que l’on croise dans le cadre professionnel peut détenir un pouvoir insoupçonné. Je me souviens par exemple de l’une de mes soirées où l’on m’a rapporté qu’un patron avait été odieux avec les serveurs. Je l’ai su car l’un des serveurs en question… était mon fils !”, relate le DG d’Acteo.
☝️ Petit traité de sociodynamique : la stratégie d’influence
Contrairement à ce que l’on pourrait imaginer, les stratégies d’influence se basent souvent sur un groupe clé : le corps mou hésitant et passif. C’est en réalité là qu’il faut investir. Ce sont ces personnes qui vont faire pencher la balance sous l’impulsion d’un leader concertatif. Cet intermédiaire n’a pas d’opinion tranchée à la base, mais sera capable de faire basculer les autres et accélérer la conduite du changement une fois convaincu.
La chouquette touch
En bref, l'art de ne pas froisser tient autant de l’écoute que du tact. La "chouquette touch" peut donc faire toute la différence. Mais plus encore, se comporter avec respect vis-à-vis de toutes les parties prenantes est encore la meilleure solution pour ne froisser personne et surtout faire progresser l’entreprise vers le bien commun.



