société

Birkenstock bientôt cotée en bourse grâce à Barbie ? Retour sur une success story

Si les sandales Birkenstock divisent encore aujourd’hui, de par leur style rudimentaire, cela ne les a pas empêchées de se faire une place au soleil puisqu’elles s’apprêtent à faire leur entrée en bourse. De leur statut de chaussures orthopédiques à leur récent coup marketing dans le film Barbie, retour sur la success story de l’entreprise allemande.


4 min
15 septembre 2023par Léa François

Si je vous dis que les Birkenstock, ces sandales longtemps considérées comme extrêmement ringardes, sont aujourd’hui un must have bientôt coté en bourse, vous me croyez ? Peu importe que vous soyez fan de ces modèles super confortables, ou que vous les trouviez repoussants à tout point de vue : l’info à retenir en cette rentrée, c’est que l’entreprise Birkenstock s’apprête à faire son entrée à Wall Street suite au dépôt d'une demande d'introduction à la Bourse de New York ce mardi 12 septembre et devrait bientôt être valorisée à plus de 8 milliards de dollars, selon l’agence financière Bloomberg, et ce notamment parce qu’elle a réussi un des plus gros paris marketing de l’histoire du cinéma (coucou Barbie). Retour sur l’histoire d’une marque de chaussures pas comme les autres.

D’une entreprise familiale de chaussures orthopédiques…

Oubliez pour le moment les paillettes d’Hollywood, ou encore les effets métallisés et autres intérieurs fourrés qui rendent aujourd’hui ces sandales si tendance : en 1774, Johann Adam Birkenstock est un simple cordonnier à l’église de Langen-Bergheim en Allemagne, peut-on lire sur le site de la marque. Ce savoir-faire artisanal, il va le transmettre à son petit-fils Konrad qui lance dès 1896 la fabrication et la vente de semelles flexibles : c’est la naissance officielle de la marque Birkenstock.

Derrière cette marque, se cache donc une affaire familiale, mais aussi une expertise innovante : celle du confort. Oui, c’est pas hyper sexy, mais on peut dire que les Birkenstock font figure de premières chaussures orthopédiques : ce qui fait leur particularité, c’est leur semelle flexible en liège et latex conçue pour épouser le pied à la perfection, à une époque où on n’utilise que des semelles rigides en métal.

Et c’est pendant la Première guerre Mondiale que la marque va faire ses preuves, d’après le magazine Marie-Claire : Konrad Birkentstock met son talent au service de l’hôpital de Francfort en créant des chaussures spécialement conçues pour les soldats. Son fils Carl lui succède et ouvre même une école en 1932 pour former des spécialistes à leur méthode de fabrication, une méthode qui sera approuvée scientifiquement.

Il faudra attendre 1964 pour que soit créé le modèle Madrid, la première sandale de la marque. Birkenstock est alors implanté dans plus de 80 pays. Mais tout va s’accélérer dans les années 70, quand les sandales traversent l’océan Atlantique pour être adoptées par les hippies grâce à l’entrepreneure Margot Fraser qui leur ouvre les portes du marché américain en 1966.

…à une marque qui s’est imposée dans l’art

Hormis cette extension de la production à l’internationale, ce qui a permis à Birkenstock de s’imposer dans le paysage business, c’est sa capacité à se réinventer en permanence à la faveur des tendances, et ce tout en conservant la valeur ajoutée du “made in Germany”. Mais c’est aussi une marque qui a réussi à sortir de son univers rudimentaire pour imposer son style dans des mondes culturels, comme celui de la mode ou du cinéma.

Dès la fin des années 90, l’univers du luxe va s’approprier ce modèle populaire : les sandales s’invitent ainsi aux pieds des mannequins, dans les défilés de Narciso Rodriguez et de Paco Rabanne, puis plus tard chez Céline, Dior, Givenchy ou Alexander Wang. Ce qui facilite ce coup de projecteur, c’est aussi le rachat de la marque en 2021 par des fonds rattachés à LVMH, rappelait le média Brut.

Plus récemment, la sandale s’est imposée dans le paysage du 7ᵉ art : d’abord dans les cérémonies les plus prestigieuses, puisque c’est un modèle de la collaboration avec Valentino que porte l’actrice Frances McDormand lors de la 91ᵉ cérémonie des Oscars. Et puis jusque sur nos écrans, dans le cultissime film Barbie de Greta Gerwig : on y voit Margot Robbie troquer ses escarpins contre une paire de Birk, l’accessoire qui lui permettra de découvrir le vrai monde.

"Le timing de ce placement de produit n'aurait pas pu être plus parfait: il ne profite pas seulement de l'engouement marketing autour du blockbuster de cet été. Il attire également à nouveau l'attention sur le fabricant allemand de chaussures juste avant son entrée en Bourse prévue aux États-Unis" décryptait le média économique allemand Handelsblatt. Ce placement de produit a en effet déclenché un pic de recherches pour “Bikenstock” sur internet et une hausse de l’intérêt pour la marque de plus de 1800%, de quoi faire exploser ses ventes et sa valeur juste avant son introduction en bourse.

Si vous aviez remisé votre vieille paire de Birk au fond de votre placard, allez vite les récupérer : vous avez entre les mains une vraie pépite !

Léa François

Journaliste

Journaliste qui écrit avec ses tripes, pour porter la parole de celleux qui ne l’ont pas toujours. A postulé ici le lendemain […]

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