société

Endométriose au travail : brisons les tabous !

L’endométriose est une maladie gynécologique encore méconnue, qui touche pourtant 1 femme sur 10, et qui rend la vie dure… sur le plan perso, mais aussi pro. Et si on levait les tabous ?


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L’endométriose, ennemie intime qui s’immisce au boulot

Douleurs au ventre, maux de tête, fatigue chronique, infertilité ou cancer dans les cas les plus graves… L’endométriose est un mal invisible dont souffre 1,5 à 2,5 millions de personnes.

Presque aussi répandue que l’asthme ou le diabète, elle est pourtant beaucoup moins médiatisée. Une méconnaissance qui s’explique en partie par les tabous derrière la maladie, le flou médical qui l’entoure, le manque d’accès à un diagnostic, les stigmatisations faites aux femmes… Autre point bloquant : l’endométriose revêt tant de facettes qu’il n’existe pas un seul protocole à appliquer.

Dans la sphère professionnelle, les dommages collatéraux sont multiples :

  • Les femmes victimes d’endométriose se retrouvent contraintes d’être chez elles, ou doivent interrompre leur journée de travail pour se réfugier aux toilettes (et la gêne qui va avec…),
  • Les douleurs physiques à gérer entraînent souvent déconcentration, perte de motivation, baisse de productivité, épuisement physique et mental. Un bingo dont on aimerait bien se passer.
  • Et pour ne rien arranger, il ne s’agit pas d’un mal passager : d’après une étude canadienne, près d’1 femme sur 2 atteinte d’endométriose se dit entravée dans sa carrière à cause de cette maladie.

Des maux qui méritent les bons mots

On l’a compris : l’endométriose, c’est bien plus qu’une douleur passagère lors des règles. Et si ces dernières sont parfois vécues comme un sujet délicat (ne pas oser demander un tampon au bureau par exemple), le tabou qui entoure l’endométriose l’est encore plus. Spoiler alert, les chiffres jettent un petit froid dans le dos :

  • Aujourd’hui, c’est plus d’1 femme sur 3 qui déclare venir travailler malgré des symptômes handicapants, selon la Fondation recherche endométriose.
  • À cela s’ajoute le fait que seulement un tiers d’entre elles le feraient savoir à leur employeur. Et si vous voulez encore un peu de chiffres qui piquent : parmi celles qui parlent de leur maladie, seulement 25% ont bénéficié d’aménagement de leur poste…
  • Au-delà du tabou, s’ajoute aussi un frein important sur la carrière des femmes : la majorité préfèrent prendre sur leurs congés ou leurs RTT plutôt que d’un arrêt maladie. Certaines s’y refusent en partie à cause de la perte de salaire, associée aux jours de carence.

Pour lever les tabous et soulager la pression sociale des salariées touchées, il faudrait donc passer par un gros travail de sensibilisation en interne.

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Et le rôle de l’entreprise dans tout ça ?

Pour lever les tabous, l’employeur a bel et bien une carte à jouer. Début 2022, Emmanuel Macron annonçait le lancement de la première stratégie nationale de lutte contre l’endométriose, avec l’ambition de « communiquer et former les différents acteurs sur les conséquences de l’endométriose au travail ». Mais à date, les annonces tardent à se transformer en actions concrètes…

Aux grands maux donc, les grands moyens ! Plusieurs solutions coexistent pour libérer la parole et adapter les conditions de travail des victimes touchées d’endométriose. En voici quelques-unes, proposées par la Fondation Recherche Endométriose :

  • Une campagne de sensibilisation globale en entreprise : éducation sur le sujet, préventions et traitements possibles…
  • Une flexibilité sur le choix des jours de télétravail,
  • Des heures d’absences rémunérées pour les rendez-vous médicaux,
  • Une reconnaissance du métier de travailleur handicapé (RQTH),
  • La mise en place d’un congé menstruel,
  • Et surtout, se tenir à disposition pour aborder le sujet, à toutes les strates de l’entreprise : RH, managers… Car pour rappel, il n’existe pas de traitement curatif de l’endométriose aujourd’hui - uniquement des traitements palliatifs.

💡 Ces entreprises ont franchi le pas

  • Le groupe M6 a reconnu l’endométriose comme un handicap au travail (RQTH) et propose “des mesures de soutien spécifiques” à ses salariés.
  • L'enseigne de grande distribution Carrefour a confirmé officiellement qu'elle prévoyait d'accorder, dès l’été 2023, douze jours d'absence à ses salariées atteintes d'endométriose, financés par l'entreprise.

Endométriose au travail : vous reprendrez bien un peu de chiffres ?

  • Selon une étude canadienne (Soliman),  49% des femmes se disent empêchées dans leur carrière à cause de l’endométriose.
  • Selon une étude australienne, le coût lié à la maladie est estimé à plus de 20 000$ par an et par femme, dont 84% liés à la perte de productivité.
  • 14% des femmes reportent que leur employeur a mené des actions en faveur de cette maladie.

Roxane Chabrat

Content Manager

Créatrice de contenu chez Swile, Roxane décrypte les tendances et les mutations de la vie au travail en fond, en large et […]

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