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Récupérer… ça fait aussi partie du boulot ?

Dans la routine d’un sportif de haut niveau, la récupération fait partie intégrante du job. Si les sportifs l’ont compris, comment l’appliquer au travail ?

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80% des salariés jugent essentiel d’adapter le rythme de travail à chacun pour prévenir la fatigue*. Ils sont aussi 82% à souhaiter disposer de temps de récupération lors des périodes de stress*. Pour autant, nombre d’entreprises n’ont pas pris le sujet comme une priorité.

Pour Jean-Christophe Seznec,  psychiatre, médecin du sport et auteur de l’ouvrage “Le sport, psychologie d’une passion” (Odile Jacob), cela s’explique par la forte intrication du travail dans nos vies : “Les Français corrèlent souvent leur valeur personnelle à leur job, ce qui provoque indéniablement un allongement des journées de travail.

Point de repos pour les braves donc. “La France connaît deux fois plus de dépressions et de troubles anxieux que la moyenne mondiale. Nous souffrons d’une vraie vulnérabilité psychologique. Or nous oublions tous que notre cerveau est comme un muscle : il a besoin de récupérer sous peine de voir son fonctionnement s’altérer, analyse notre expert. Il est donc temps d’envisager les choses autrement, et d’intégrer la récupération post-travail à notre routine quotidienne.

1️⃣ Mettre le travail à sa juste place

Pour sortir de cette course effrénée, il est important de comprendre que si l’entreprise évolue dans un système mortifère où elle peut disparaître du jour au lendemain, il en va différemment pour les salariés. “On n’est pas obligés de se faire embarquer par le stress de l’entreprise - qui doit imposer des objectifs pour survivre - car de notre côté, nous ne jouons pas notre vie”, rappelle Jean-Christophe Seznec.

En pratique ? Pour faire redescendre la pression, il est essentiel de repenser son rapport à la performance. “Je conseille de s’en tenir au quatrième accord toltèque : faire du mieux que l’on peut”, prévient le psychiatre.

De plus, “quand ça déborde, ne pas hésiter à demander au manager de hiérarchiser, d’être au clair sur les moyens que l’on donne pour réaliser le travail”, recommande le médecin. Pour lui, il est important de sortir du syndrome du bon élève pour être en mesure de dire non quand c’est pertinent.

2️⃣ Faire une pause toutes les 1H30

Le cerveau est une formidable horloge, mais pour remettre les pendules à l’heure, il convient de comprendre son fonctionnement. “Le cerveau fonctionne par cycles de 1H30. Au bout d’un moment, il a besoin de désaturer”, rappelle le médecin. Ne pas respecter cette réalité biologique expose le travailleur à l’épuisement professionnel, voire au burn-out. “On ne peut pas demander au cerveau d’être plus fort que le cœur, poursuit-il.

En pratique ? La pause toutes les 90 minutes est OBLIGATOIRE. On peut se lever pour aller à la photocopieuse en prêtant attention à la texture du sol, saisir une tasse chaude et se concentrer 5 minutes sur la sensation que l’on éprouve dans les mains. On peut aussi bailler, faire quelques mouvements, aller aux toilettes… L’important est de se connecter aux sensations corporelles et de laisser un peu de place au “rien”.

3️⃣ Préserver son sommeil

Last but not least, n’oubliez surtout pas de préserver votre sommeil, si crucial pour la récupération. En 50 ans, le temps moyen passé dans l’antre du lit a diminué d'une heure et demie en France. Aujourd’hui, on dort en moyenne 6h55 par nuit,et 28% des adultes accusent une dette de sommeil, rappelle l’Inserm.

En pratique : Il ne s’agit pas de créer une injonction à bien dormir, qui serait la meilleure voie vers l’insomnie, mais de créer toutes les conditions propices à un sommeil réparateur : lire un bouquin, baisser l’intensité lumineuse, et surtout, laisser le téléphone dans le salon, car même en mode avion, la possibilité de le consulter crée une tension qui peut suffire à perturber l’arrivée de Morphée…

*Etude Swile 2025

Paulina Jonquères d'Oriola

Journaliste

Journaliste et experte Future of work (ça claque non ?), je mitonne des articles pour la crème de la crème des médias [...]

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