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Entretien d’embauche : ces moments de solitude chez les recruteurs

Un recruteur stressé ou mal à l’aise en entretien, ça vous semble totalement décalé ? Pourtant, détrompez-vous : il arrive parfois que les recruteurs vivent des situations sacrément difficiles à gérer. Voici cinq anecdotes (pas toujours très rigolotes).


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Passer un entretien, ça peut susciter pas mal de stress. Surtout pour le candidat, on l’imagine se poser mille questions et vouloir absolument faire bonne impression. Mais faire passer un entretien peut aussi comporter son lot de stress, de situations embarrassantes, voire flippantes. Nous avons compilé 5 témoignages anonymes brutes qui nous racontent leurs expériences, parfois drôles, parfois très limites.

Au feu les pompiers

“J’étais en train de mener – non sans fébrilité – l’entretien d’un dirigeant pour un poste à forte responsabilité. J’étais déjà plutôt peu à mon aise quand d’un coup, l’alerte incendie a retenti. Comme le candidat était très peu disponible, je lui ai donné le choix : reporter l’entretien ou le poursuivre dans la rue.

Au final, il a préféré continuer. Je me suis donc retrouvé dans une situation ubuesque à poursuivre la conversation en descendant les neuf étages pour finir l’entretien dans la rue. C’était vraiment très étrange comme situation. Heureusement, ça s’est bien passé et le candidat ne m’en a pas tenu rigueur”.

Il a dit bye bye

“Cela faisait un mois que j’étais en poste dans une ESN (Entreprise de Service du Numérique) qui pouvait recruter tout autant des indépendants que des CDI. Le hic, c’est que de nombreux candidats dans ce secteur ont l’habitude d’aller directement chez le client sans même passer un entretien. Je me suis donc retrouvée un jour à interviewer un candidat extrêmement nonchalant. Au bout de quelques minutes, il me dit qu’il ne comprend pas ce qu’il fait là et que l’envoi de son dossier aurait suffi. Il était très imbu de lui-même.

À un moment, je lui ai posé une question sur la finance de marché, car c’était notre démarche de poser une question scolaire ou technique. Et là, il me rétorque : “qu’est-ce vous y connaissez-vous ?”. Suite à ça, il a très mal pris la question car il n’a pas su y répondre. Il m’a véritablement agressée, je ne savais pas quoi faire car je manquais encore pas mal d'aplomb. À la fin, il m’a dit que cet entretien ne servait à rien, et il a raccroché. C’était très déconcertant”.

Misogynie quand tu nous tiens

“Je devais recevoir un candidat (ingénieur informatique) en entretien. Il ne savait pas que j’étais une femme et avait eu l’information qu’il rencontrerait quelqu’un du service RH. Lorsque je suis arrivée dans la salle dans laquelle il attendait, j’ai vu son regard et sa posture se refermer. Je me suis avancée vers lui pour lui serrer la main et me présenter en l’accueillant. Il n’a pas levé la tête et est resté assis sur sa chaise. Il ne m’a pas non plus tendu la main.

En regardant le sol, il m’a indiqué qu’il ne touchait pas les femmes et ne les regardait pas dans les yeux. Il m’a dit qu’il préférerait rencontrer un homme. Je lui ai répondu qu’il était prévu que je le reçoive et lui ai demandé s’il souhaitait continuer dans le process de recrutement en débutant cet entretien. Il ne m’a pas répondu, mais s’est levé et m’a suivie.

Durant l’entretien, je lui ai demandé s’il accepterait d’être managé par une femme, il m’a répondu « non, impossible ».  Nous avons effectué l’entretien durant lequel il ne m’a pas regardée ni adressé directement la parole. Il avait les mains sous la table, les coudes sur les jambes et était de profil (il regardait le mur à la droite). Cela a été un entretien très complexe à gérer et surtout humainement très pauvre : aucun échange, aucune interaction et un sentiment de malaise absolu”.

Le jeu des questions (cons)

“C’était au début de ma carrière, j’avais seulement 19 ans et je manquais cruellement d’expérience. Je me souviens avoir dû mener des process avec lesquels je n’étais pas du tout alignée. J’avais notamment une grille de questions idiotes à poser du type “à quel animal vous identifiez-vous ?”.

Si ça n’avait tenu qu’à moi, je n’aurais jamais demandé ce genre de choses saugrenues. Mais comme je démarrais, je suivais les consignes, comme une bonne élève. Du coup, je me suis retrouvée avec des candidats qui me disaient que mes questions ne servaient à rien. Et là, eh bien, autant dire que je pataugeais. Un grand moment de solitude !”

Le candidat harceleur

“Je recevais en entretien un candidat pour un poste d’administrateur réseau. Il s’est permis de me demander s’il pouvait m’inviter à boire un verre après ma journée de travail. Ce à quoi j’ai répondu non. Le soir, en sortant du bureau, il m’attendait devant la porte. Il m’a à nouveau demandé d’aller boire un verre. Je lui ai répondu non et lui ai demandé de ne plus me solliciter.

Il m’a laissé plusieurs messages (vocaux et sms) les jours suivants pour la même raison, auxquels je n’ai pas répondu. Il est revenu en bas de l’immeuble une semaine plus tard. J’ai dû appeler la sécurité pour qu’elle lui demande de ne plus venir et de ne plus m’importuner. Heureusement, il a cessé les contacts, mais j’avoue avoir eu très peur”.

Paulina Jonquères d’Oriola

Journaliste

Journaliste et experte Future of work (ça claque non ?), je mitonne des articles pour la crème de la crème des médias […]

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